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Repli de l’euro face au dollar : zoom sur les facteurs explicatifs

05/11/2018

Ces dernières mois, l’euro tend à se déprécier par rapport au dollar. L’occasion de se pencher sur les facteurs qui influent sur le taux de change de la monnaie unique. Décryptage de William De Vijlder, chef économiste de BNP Paribas.

Dépréciation de l’euro depuis avril 2018

L’an dernier peu ou prou à la même époque, nous nous interrogions sur les conséquences d’un euro fort. Aujourd’hui, nous sommes dans la situation inverse : l’euro a entamé une lente décrue face au dollar depuis le printemps 2018. Ces dernières semaines, la paire euro/dollar se stabilise en dessous de 1,16.

Pour mieux comprendre ce repli, intéressons-nous aux facteurs qui exercent une pression, positive ou négative, sur le taux de change de l’euro.


Une économie en bonne santé favorise une devise forte

Toute monnaie est soumise au jeu de l’offre et de la demande. De nombreux facteurs, aussi bien structurels (croissance à long terme, balance des paiements, endettement, etc.) que cycliques (inflation, politique monétaire, etc.) ont un effet sur l’attractivité et la valeur d’une monnaie.

La croissance est directement et indirectement particulièrement importante. Elle aiguise l’appétit des investisseurs pour les investissements directs ou financiers (bourse) qui s’orientent alors vers les devises des pays ayant les meilleures perspectives. Indirectement, elle influence les flux de capitaux par le biais de l’orientation de la politique monétaire.

Sur ces deux points, avantage aux États-Unis et donc au dollar : une économie structurellement dynamique, en tête du classement de compétitivité de WEF (World Economic Forum) ; une économie à forte croissance, avec un cycle qui est mieux orienté qu’ailleurs dans le monde et en zone euro. Le pays de l’oncle Sam connaît en effet un cycle de croissance exceptionnellement long et les principaux indicateurs (croissance, création d’emplois, taux de chômage…) sont au vert. Cette désynchronisation cyclique avec le reste du monde profite aux États-Unis et donc à sa monnaie par rapport à l’euro.

En parallèle, le FMI vient d’abaisser, de 3,9% à 3,7%, sa prévision de croissance mondiale pour 2018. En outre, les turbulences dans plusieurs pays émergents ont atténué l'appétit pour le risque des investisseurs qui ont alors tendance à privilégier des valeur refuge comme le dollar, qui du coup s’est également raffermi contre l’euro. La zone euro a d’ailleurs un degré d’ouverture plus important que l’économie américaine, ce qui pèse également sur l’euro lorsque l’incertitude sur le commerce mondial monte.




Autres facteurs perturbateurs : les événements géopolitiques

Si de bonnes perspectives de croissance impactent positivement une devise, a contrario, la perception de risques économiques peuvent entraîner une baisse de son cours.

En tant que valeur refuge, le dollar a tendance à profiter des tensions internationales. Ainsi, la dégradation des relations commerciales entre les États-Unis et la Chine s’est accompagnée d’une dépréciation assez nette de la devise chinoise.

En revanche, la dépréciation de l’euro est entretenue, ces derniers temps, par les craintes liées à la crédibilité de la politique économique italienne. En effet, le gouvernement de Giuseppe Conte table sur un déficit à 2,4% du PIB l’an prochain. La remise en question de la discipline budgétaire italienne par le marché a provoqué un brusque creusement du spread (écart entre deux taux, ici entre les taux d'emprunt italien et allemand à dix ans). Car, si l’Italie s’endette à un coût de plus en plus élevé, cela aura des conséquences sur son économie. Cette anticipation pèse donc logiquement sur l’euro. Néanmoins, les investisseurs ont fait preuve de beaucoup de sélectivité : ainsi les spreads portugais et espagnol par rapport à l’Allemagne n’ont pas trop bougé, ce qui est rassurant.

Finalement, d’autres risques politiques et économiques planent sur l’euro, comme les négociations autour du Brexit, constituent une source d’incertitude, non seulement pour le Royaume-Uni mais également pour ses partenaires commerciaux européens, ce qui peut refroidir l’enthousiasme d’investisseurs étrangers pour acheter l’euro.




Rôle des banques centrales sur le cours de change

Ce tour d’horizon serait incomplet si l’on ne s’intéressait pas à l’impact des politiques monétaires sur les taux de change.

Les banques centrales ajustent leurs taux directeurs en fonction du niveau de croissance et du taux d’inflation. Chaque devise a donc un taux d'intérêt différent dont va dépendre son niveau d’attractivité auprès des investisseurs. En temps normal, quand l’appétit pour le risque est élevé, les monnaies ayant un fort taux d'intérêt (devises de carry) seront préférées à celles ayant un taux d'intérêt faible (devises de funding). C’est le principe du carry trade. L’inverse est vrai quand l’incertitude et l’aversion au risque augmentent.

Or, la stratégie de la banque centrale américaine, la Fed, consiste à restreindre depuis des mois son soutien monétaire en augmentant régulièrement ses taux, alors que la banque centrale européenne (BCE) mène toujours une politique particulièrement souple. La BCE se prépare à arrêter son QE (quantitative easing, alias le programme d’achat d’actifs), et une première remontée des taux n’interviendra pas avant la fin de l’été 2019. La remontée progressive des taux d'intérêt américains est donc un soutien fort au dollar.




Vers un raffermissement de l’euro ?

La Fed va continuer à durcir sa politique monétaire : une 4e remontée de taux sur l’année est attendue en décembre et elle en projette trois autres en 2019. Tout dépendra des chiffres économiques. Nous tablons par exemple sur un seul resserrement américain l’année prochaine ce qui, avec le changement d’orientation monétaire de la BCE devrait influer positivement sur le cours de l’euro par rapport au dollar.

2019 sera, en ce sens, une année importante.




William DE VIJLDER

Directeur de la Recherche économique
de BNP PARIBAS