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L’art difficile des prévisions de croissance !

04/12/2018

Les prévisions économiques se suivent et parfois ne se ressemblent pas. Révision à la hausse ou la baisse, comme en ce moment, c’est selon. Le point avec William De Vijlder, chef économiste de BNP Paribas, à l’occasion de la publication des taux de croissance révisés de la Commission européenne.

Quelles sont les prévisions de croissance en zone euro et en France ?

Début novembre, la Commission européenne a publié ses prévisions économiques pour 2018, 2019 et 2020. Elle a notamment abaissé ses prévisions pour l’année prochaine. Concrètement, il en ressort que le taux de croissance du PIB de la zone euro devrait s’établir à 2,1 % en 2018, puis à 1,9 % en 2019 et 1,7 % en 2020. Quant au PIB français, il devrait se fixer à 1,7 % cette année puis se stabiliser à 1,6 % en 2019 et 2020.

Ces prévisions sont relativement proches de nos propres estimations, même si pour la zone euro nos scénarios sont légèrement moins optimistes pour 2019. En effet, nous tablons sur une croissance de 2 % pour cette année en zone euro et de 1,5 % en 2019. En revanche, pour ce qui est de la France, nos prévisions sont en ligne avec celles de la Commission européenne.

Ainsi, la croissance française en 2019 devrait rester sur un rythme solide de 0,4 % par trimestre mais reperdrait un peu de la vigueur retrouvée au second semestre 2018, sous l’effet de divers freins, risques et incertitudes sur le front extérieur : tensions commerciales, ralentissement américain, difficultés de certains pays émergents, Brexit ou encore politique budgétaire italienne.

La croissance française ne manque pas de soutiens : à ceux d’ordre budgétaire (bascule du CICE en baisse de charges, allègement supplémentaire de charges au niveau du Smic en octobre 2019, baisse de la taxe d’habitation, des cotisations salariales…) s’ajoutent de nombreuses réformes (réforme du Code du travail, loi "pour la liberté de choisir son avenir professionnel", loi Pacte…), dont les effets se feront sentir sur le long terme mais qui, dans l’immédiat, envoient un signal positif pour le climat des affaires. Dans notre scénario, la croissance française n’échappe pas au ralentissement général entre 2018 et 2019. Mais ces soutiens internes contribuent à ce qu’elle ralentisse beaucoup moins que la zone euro.


Faire des prévisions de croissance, un exercice difficile ?

Faire des prévisions est forcément un exercice complexe car il est impossible de prévoir les chocs, par nature inattendus, et leurs impacts. Néanmoins, afin de produire des chiffres les plus réalistes possibles, les économistes intègrent dans leurs calculs des scénarios qu’ils pondèrent. C’est évidemment imparfait. Cette manière de procéder peut induire des écarts importants si un scénario extrême se réalise vu son éloignement par rapport au scénario central privilégié par le prévisionniste. C’est le cas lors d’une récession, car cette dernière survient en général assez soudainement, sans signes avant-coureurs clairs. Elle est donc difficile à anticiper dans les scénarios.

C’est pourquoi il vaut mieux considérer ces prévisions plutôt comme l’indication d’une tendance en termes de rythme de croissance, accélération ou ralentissement, fort ou modéré.




Pourquoi BNP Paribas produit ses propres prévisions économiques ?

Nous baser sur des prévisions extérieures ne nous assure pas une assez bonne visibilité sur les hypothèses sous-jacentes. En calculant nos propres estimations, nous maîtrisons les scénarios, les hypothèses et leur pondération.

Ensuite, nous pouvons les mettre à jour et en disposer quand nous en avons besoin. Nous ne sommes pas contraints d’attendre la publication des prévisions des autres.

Enfin, la comparaison de nos prévisions à celles publiées par ailleurs nous permet de vérifier s’il y a des écarts importants. Auquel cas nous nous attacherons à identifier et à creuser les causes de ces différences.




Pourquoi se focalise-t-on sur le taux de croissance du PIB ?

Le taux de croissance du PIB (richesses créées par les activités de production sur un territoire) constitue un indicateur agrégé pertinent permettant de mesurer la croissance économique d’un pays. Par ailleurs, de nombreuses variables gravitent autour : emploi, évolution du crédit, croissance des bénéfices et des revenus… Il permet de contextualiser le positionnement dans un cycle économique et de comparer, facilement et sans ambiguïté, les économies à travers le monde.

Pour autant, ce n’est pas un indicateur parfait. Le principal reproche que l’on peut formuler à son encontre est qu’il ne tient pas compte des aspects qualitatifs de la croissance et du bien-être en général : inégalités sociales, effets négatifs sur la santé ou l’environnement…

Il n’est pas plus exhaustif en termes de création de richesses. Par exemple, le travail domestique non rémunéré, le bénévolat, les activités illégales ne sont pas comptabilisées. Mais, un correctif a par exemple été apporté en 2013 pour mieux prendre en compte ces activités. En effet, Eurostat, l’institut européen chargé de l'information statistique, demande, fait étonnant et peu connu, d’intégrer le trafic de drogue et la prostitution dans le calcul du PIB. Si les offices statistiques d’Allemagne et d’Espagne, par exemple, les incluent dans leurs calculs depuis 2014, l’Insee ne le fait que depuis le mois de mai de cette année. Tout du moins pour le trafic de stupéfiants, car la prostitution n’est toujours pas prise en compte. Mais pas d’effet dopant pour le PIB français pour autant ! L’impact, certes positif, reste marginal.

Face aux limites évoquées, de nouveaux indicateurs apparaissent, à l’image de l'IDH (indice de développement humain), qui ambitionnent de mieux appréhender le bien-être social.




William DE VIJLDER

Directeur de la Recherche économique
de BNP PARIBAS